1 Bas-Empire

seconde période de l'Empire romain allant du 3e au 5e siècle
Le Bas-Empire constitue, avec le Haut-Empire le second élément de la division chronologique de l’Empire romain instituée par l'historiographie francophone. Si ces termes restent largement utilisés, d’une part la date de la transition du Haut-Empire au Bas-Empire fait l’objet de discussions ; d’autre part « Bas-Empire » a une connotation péjorative synonyme de « décadence » et est de plus en plus remplacé par « Antiquité tardive », plus neutre. Certains historiens proposent de faire commencer le Bas-Empire à la fin de la dynastie des Antonins (192 apr. J.-C.), d’autres avec le renversement de la dynastie des Sévères (235 apr. J.-C.), d’autres encore avec le début du règne de Dioclétien (284-305). Pour Paul Petit et pour l’historiographie moderne de l’Empire romain d’Orient, le Bas-Empire prend fin en 395, à la mort de Théodose, dernier empereur de l’empire uni ; en revanche, pour l’historiographie de l’Empire romain d'Occident, le Bas-Empire s’achève avec l’avènement des royaumes barbares, en 476. À la période d’anarchie militaire qui a vu se succéder rapidement une série d’empereurs choisis par l’armée, Dioclétien veut substituer un système cooptatif appelé « tétrarchie » dans lequel deux empereurs appelés « Augustes » choisissent deux assistants appelés « Césars » lesquels les remplaceront à leur départ, se choisissant eux-mêmes deux nouveaux césars. Ce système exigeant beaucoup de bonne volonté et d’altruisme dure une seule génération : dès la suivante, Constantin Ier, fils du césar puis auguste Constance Chlore, met fin à ce système de cooptation pour revenir au système dynastique, partageant à sa mort l’empire entre ses fils et neveux. Cette première dynastie constantinienne dure également une seule génération jusqu’à ce que l’un des trois frères, Constance, récupère les domaines des deux autres à leur mort. Lui succède, après le bref intermède de l’empereur Julien, parent de Constantin Ier, celle des Valentiniens, de durée limitée en Orient, remplacée par la dynastie théodosienne dès la mort de son premier représentant, Valens, en 376. En Occident elle se perpétue sur cinq générations, notamment lors du long règne de Valentinien III (r. 425-455). Toutefois ses représentants tombent rapidement sous l’influence de généraux d’origine barbare qui, après le décès de Valentinien III, installent sur le trône plusieurs empereurs-fantoches jusqu’à ce qu’Odoacre proclame la destitution de Romulus-Augustule et retourne les ornements impériaux à Constantinople en 476. Ce Bas-Empire se distingue de la période précédente de plusieurs façons : l’administration subit de nombreux changements notamment sous Dioclétien et Constantin Ier ; l’économie voit la création sous Constantin d’une monnaie d’or, le « solidus » qui demeure la base du système monétaire de Byzance pendant des siècles ; les grandes villes perdent de leur importance au profit des grands domaines qui leur font concurrence ; enfin, le christianisme d’abord persécuté se propage jusqu’à ce qu’il devienne religion d’État par l’Édit de Thessalonique en 380.